Bouzin du cochon de Li Zhongyao/ été 2008 - 2/2

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Bouzin du cochon de Li Zhongyao/ été 2008 - 2/2

Message  colleurs-d'affiches le Mar 1 Juil - 11:28

Dix coups de cœur

Rencontrer la cabine-galerie d’art ambulante « Tinbox » n’importe où & quand dans Bordeaux.

Aller aux fabuleuses toilettes de l’Espace Saint Rémi, prétendu lieu d’art profane.

Lire les catalogues d’expo Bernard Ouvrard & Luc Detot, éditions Le Festin.

Voir chaque matin la Passerelle Eiffel sans le vérolé croiseur Colbert…

Lire la réédition de « Moi aussi je suis peintre », Guillaume Apollinaire, edt Le Temps qu’il fait 2006

Écouter Lili Boniche « Alger-Alger » Clausewitz music / APC 008 – CDA 013

Pirater le dvd « I told you j was trouble », Amy Winehouse live in London. 2007

Lire le N° 902 Courrier International et les stéréotypes idiots sur Bordeaux-Culturel !!!

Concert Monsieur Gadou et sa secrétaire/ Balthazar Bar (72 crs Alsace-Lorraine), 7 juin 2008.

Expo photos Jean-Pierre Rey, Le Pont-Tournant & Black Empire, 14 mars 2008

G.-Ch. Réthoré

- La Tinbox dans les rues et contre-allées de Bordeaux…

La Tinbox, ou l’art de Micromegas & Lilliput en art contemporain, c’est cette cabine d’essayage mobile et ajourée, que l’on croise à Bordeaux, là où le voyeur ne s’attendait à rien, mais où les exhibitionnistes-artistes s’imposent aux regards du péquin qui se croyait isolé et immunisé contre l’art contemporain ! La Ville comme page blanche à explorer, recoins à occuper et orner.

Dix coups de grâce…

* Trouver des incunables d’art chez Emmaüs-Nansouty ou Bd Alfred Daney (05 56 43 27 51), etc… Et snober la censure Mollat-Librairie, qui installe l’académichien (Oui-oui.) Alain Robbe-Grillet sous blister, au rayon porno…



* Consacrer les latrines Saint-Rémi de Bordeaux comme étant les plus patrimoniales d’Aquitaine, surtout avec leur salle d’expo construite autour des gogues: en ce moment expo Présence Panchounette. Entrée libre et espace popo-handicapé-e exemplaire. Pas comme au Musée d’Aquitaine… Sarlat est hors-concours depuis longtemps.



* Radoter-bavasser en « Lisant aux cabinets », dixit H. Miller, le catalogue gratuit « BORDEAUX 2013 – capitale européenne de la culture / Ville candidate », histoire d’une escroquerie intellectuelle massive et cache-misère palliatif d’une Ville art-gonisante. Rens 05 56 10 20 13 ou www.bordeaux2013.eu ou 1 place Jean-Jaurès 33 000 , où l’on trouve le cata-propaganda, mais pas le N° 902 de Courrier International au sujet de la Ville-stéréotype.
*
* Manger chilien chez Alicia, 15 rue Elie Gintrac (Quartier Victoire, pas cher et ouvert tard le soir…), avant d’aller sonner à l’atelier/remue-méninges d’Isidore Krapo. 05 57 95 96 76
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* Conchier les « lavatories-gallery Saint-Rémi », mais ne pas quitter-cuiter la Ville sans les ouvrages suivants :
* « Du décoratif » Présence Panchounette / Jacques Soulillou / Edt Eric Fabre 1980
* « L’ordre total » Présence Panchounette / edt La Criée, Rennes 1989
* « Œuvres choisies, tomes 1 & 2 » Présence Panchounette / Edt Centre d’art contemporain Midi-Pyrénées et Musée des Beaux-Arts de Calais 1987
* « Transition » Présence Panchounette Galerie Eric Fabre 1977
* « L’introduction DE l’esthétique » Frédérick Roux Edt L’Harmattan 1996


Et le catalogue d’Alexandre Delay exposant cette année à Bruxelles…Et au FRAC-Aquitaine. « Récits 2001-2004 » Galerie Pierre Hallet / Brussels 2008

… Mais que l’on ne trouvera pas à Bordeaux, l’ensemble des Musées étant tous dépourvus d’une librairie digne de ce nom. Bordeaux 2013, Capitale européenne de la Quoi ?



« Magical mystery tour », Claude Lagoutte, peintre-voyageur.



Évoquer le « Commandant » Claude Lagoutte, (1935 – 1990) ; pèlerin de toutes pérégrinations et tribulations, nomade et roulier, glaneur et cueilleur, dénicheur et collationneur d’épices ou des pigments et couleurs offerts par les boues et poussières de tous les recoins du globe. Des Indes au Laos, de Bali au Ladakh, de l’Alaska à la Libye, du Congo au Cachemire et d’Yvrac-près-Bordeaux à Paris ou Tanger. Sans omettre les haltes dans les ashrams et les monastères de toutes confessions.

Et couturier-rabouteur-plisseur-ravaudeur-tisserand-échantillonneur d’une forme de cut-up pictural qui le distingue de ses semblables land-artists et peintres, de Gardair à Hantaï et Sam Francis, des Support-Surface aux Bissière & Baptiste…

Peintre-bourlingueur, ce serait bien réducteur pour cet érudit, ex-militaire des hôpitaux coloniaux, épris d’art, avant même l’école de Santé Navale qu’il fréquente à Bordeaux.

Il découvre tantôt les strates arides de Tassili (Maroc-Algérie), tantôt les arts nègres, indiens ou annamites, dessine et dessine encore, gouache et peint à l’huile, rencontre « Les Maîtres Anciens » selon le théoricien Fromentin – plus que ceux de Thomas Bernhard – malgré les séjours à Bayreuth. Et voyage incessamment avec sa sœur et sa jeune femme, ou, le plus souvent seul.

Lagoutte quitte les drapeaux, déjà peintre abstrait, à quarante-deux ans : il est temps de fuir les casernements et parcourir encore le monde, une vingtaine d’années de plus, derrière Loti et Alexandra David-Neel, empruntant les plus lents des raccourcis, du Larzac au Bhoutan… Voyageant « léger », sac au dos, feuilles et carnets-crayons. Il esquisse comme un Delacroix tout citant et en jouant de la situation d’atelier précaire où il se trouve, mais aussi tissant lanières de tissus teints sur place ou empruntant une machine à coudre chez l’habitant éberlué… Il aura les mêmes pratiques dans ses ateliers parisiens ou aquitains, bâtissant ses boustrophédons de papier-journal, jouant des jaunissements bistre et beige, surlignant parfois au pinceau. Le paysagiste, fou de Nicolas Poussin, restitue paysages et typographies offertes comme autant, de lamelles géologiques, cultures en terrasses, vignes à l’assaut des coteaux, labours de printemps ou d’hiver ou imperceptibles risées écumantes sur un détroit atlantique. Chaque ligne devient sillon ou rail, filet d’un premier horizon, chiffre indispensable mais perdu-isolé dans une continuité à la Opalka ou traînée strictement abstraite de bosselures d’un vers écrit en braille.

« Cette vague douceur faisait mon cœur malade de désir ; il me semblait reconnaître l’ardente haleine de l’été s’efforçant vers sa perfection. » Prélèvement hasardeux d’un vers de Rabindranath Tagore – traduit par André Gide, dans « L’offrande lyrique »…

Si le catalogue rétrospectif de cet artiste est nécessaire, penser à y adjoindre les inédits « Carnets du Tibet », préfacé par Charles Juliet et « En suivant la Narmada/ Souvenirs d’Inde », aux éditions Diabase.

Gilles-Ch. Réthoré

Rétrospective Claude Lagoutte ; Voyages et autres traces ».

Jusqu’au 1er septembre 2008

Musée des Beaux-Arts.

20 cours d’Albret, Bordeaux.



Pascal Daudon serpente au Musée d’Aquitaine : « Réfléchir, c’est nier ce que l’on voit… » disait le philosophe Alain.



Daudon chine et excave des malles de voyages, de fonds d’héritages, rebuts de brocantes et boiseries orphelines tout ce qui nourrit son art de sculpteur-peintre et dessinateur-assembleur : de vieux magazines et périodiques, des morceaux de meubles dépareillés ou disparates, des lais de papiers peints démodés ou défraîchis, exagérément pop ou rétro-pattern…

Et il les serre, les remise dans ses ateliers et réserves où ils sécheront proprement, à plat, en bon ordre ; leur heure viendra qui dira que leurs couleurs ou leurs motifs, leurs fausses bizarreries conviennent très exactement à l’Histoire, contes et mythologies, légendes et traditions, qu’il va raconter et vivre un moment, en cette époque-épopée où il s’est immergé, pour une commande. Ou suite à un voyage - actif ou fictivement encyclopédique - chez les Maoris actuels ou les Moines Pleurants du 9ième siècle, à Artouste-Pyrénées, invité en résidence d’artiste.

Ce landais (Des Beaux-Arts de Bordeaux) est homme des bois – qui scie en truquant – et fils de la couleur, son vrai langage naturel. C’est le même qui accumule les machines optiques les plus étranges, du praxinoscope aux lentilles et prismes singuliers et joue avec les kaléidoscopes et boîtes à images complexes : ce qui a son importance, chez cet érudit & Géo Trouvetout.

Le service culturel du Musée d’Aquitaine (*) l’a donc prié d’installer des séries d’œuvres en rapport avec le haut-médiéval ou les Antiques, le Cabinet de curiosités des Frères Bonie, ces grands voyageurs bordelais, ou à distance raisonnable des nordiques, échappés aux chants de Béowulf et sagas scandinaves qui hurlent le berserk et l’aristie des Arnwulf , Hlodwig et Grendel.

Ses tableaux-vitraux (Sur bois !) sont des entrelacs et superpositions hypnotiques et codés de symbolismes universels, rapportés au plus près du domaine qu’il revisite. Mais cet hérétique pop-rock impose ses fonds de papiers peint qui se glissent ou font trame et surface, quand bien même il produit une procession de douze religieux, pénitents qu’il a convoqué à travers les âges, rendant hommage à ces anonymes bâtisseurs, mais n’hésitant guère à les habiller de pages de missel ou de tissus-rideaux : fonds noirs de brou de noix, pastels secs et poudre de mine de plomb Comté, dessins sans outils autres que les doigts, la main qui trace, qui masse et exténue le support, jusqu’à ce que ces spectres et statues s’imposent, doués d’âmes à la Zurbaran ou l’esprit de Buraglio. Le bois est devenu squelette, le papier est une peau tannée-tatouée.

Les gisants et pierres tombales, les modillons éraflés, les statues atrophiées ou décapitées son prétexte à d’autres allégories de tous formats. Un vinyle coloré 33 tours devient auréole dans un module carré, une rigoureuse comptabilité de grenouilles, libellules et tortues, pommes et poires indique le mouvement céleste du temps et quelques paramètres de la « voie alchymique humide » ; douze clefs sont en liaison improbable entre serrures Dogon et celles du Vatican…

Et à chaque panneau se dessine un galbe, une tournure ou un profil de l’un des modèles qui hantent l’atelier de Pascal Daudon, l’ombre d’une main se silhouette, une plume d’ange entre les doigts, alors que non loin de là, posé sur un miroir, une lourde borne de diabolique « cross road de bluesman » montre les croissants lunaires qui ornent le blason de Bordeaux.

Daudon joue de son goût avéré pour les tresses et géométries inextricables, lacis labyrinthiques et torsions, qui se muent en runes ou dentelles, dissimulant un trompe-l’œil supplémentaire, coquin sans nul doute, comme pour effacer la trace de brûlure légendaire qui permet de parler avec les oiseaux. Il aime Maessien et Joyce.

Il faudrait encore quelques lignes pour dire les généalogies et faits d’armes et de gloires chasseresses inscrites sur les tatouages « biographiques », raconter les jeunes filles, les nubiles, les fiancées, les gravides, les pileuses ou les guerrières selon qu’elles vivent dans les steppes, les neiges polaires ou les légendes de vouivres occidentales. Les couleurs, les nuances des camaïeux de Daudon s’appliquent à chaque circonstance, les farces optiques, variations et vibrations ne tombent pas au hasard chez tel peuple de nomades ou de tisserands, de forgerons ou de shamans. Les traversées diagonales – ou plus tortueuses encore - après méditation et clignements rapides des yeux, se retissent et retapissent de concert.

Enfin, il suffisait de signaler la monumentale fresque « chiffrée » symboliquement, au nom de l’Aquitaine pour vouloir revisiter les arcanes de Daudon et celles du Musée où il se plaît à poser son bivouac.

Gilles-Ch. Réthoré

Pascal Daudon au Musée d’Aquitaine. Entrée libre.

20 cours Pasteur, Bordeaux, 33 000.

Du mardi au dimanche, de 11 à 18 heures.

musaq@mairie-bordeaux.fr 05 56 01 51 00

(*) Dans le cadre des visites du Bus de l’Art Contemporain, les premiers dimanche du mois, et visible jusqu’au 3 août, parmi les principales collections du Musée… Entrée libre.

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